Comptabilité et intelligence artificielle : l’alliance naturelle

2018-11-20T15:11:49+00:00 20 novembre 2018|Catégories : VEILLE|Mots-clés : , , |

La comptabilité et la finance font partie des professions les mieux adaptées à l’intelligence artificielle. Les chiffres, la structure des documents, les procédures standards, sont autant d’atouts pour que les ordinateurs relèvent les hommes des tâches pénibles, et déplacent les gisements de valeur ajoutée. Voici une revue d’articles qui éclairent chacun à leur manière les possibilités d’utilisation de l’IA : automatisation, lutte contre la fraude, prédiction de flux d’argent…

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L’IA pénètre peu à peu tous les secteurs. C’est vrai, mais pas avec la même facilité.
Dans la santé, les données se révèlent très disparates et très confidentielles. Dans le transport, les coûts des équipements comme la voiture autonome sont très élevés. En politique, le scandale sur la manipulation des consciences menace à chaque élection.

Mais en comptabilité et en finance, les données sont semblables, les hardwares moins chers, et personne n’irait critiquer un professionnel de la comptabilité qui automatise des tâches répétitives.

« Compte tenu du volume élevé, des enregistrements historiques précis et de la nature quantitative du monde financier, peu d’industries sont mieux adaptées à l’intelligence artificielle » note un article de Tech Emergence.

L’ADN de la finance et de la comptabilité permet une mutation technologique du secteur plus intuitive.

Premier trait caractéristique de ces métiers : les chiffres et tous leurs historiques. L’IA s’y épanouit d’autant plus facilement que les documents ont des structures souvent semblables, comme les factures. Et les processus de base se trouvent toujours standardisés. L’IA peut alors comparer des données avec des millions d’autres pour un résultat optimal.

Les tâches répétitives de saisie, de vérification ou d’affectation sont opérées par la machine et permettent au comptable de se concentrer sur des tâches complexes, à plus forte valeur ajoutée”, analyse Actu IA. Le travail de revue, d’analyse et de contrôle du CAC sera également partiellement automatisé.

Conséquence : I’IA déplace le gisement de valeur ajoutée. L’entreprise Smacc donne de belles illustrations de ces activités.

Mais plus qu’un déplacement, l’IA créé aussi une “nouvelle valeur”, toujours selon Actu IA. Car si les flux comptables se prêtent bien à l’automatisation, ils donnent aussi l’occasion à l’IA de prévoir, du côté des revenus comme des charges.

L’IA peut proposer des prédictions et la génération automatisée de contenus. Reste à imaginer cette nouvelle valeur et à la développer. Les services financiers de l’entreprise, au premier rang desquels le contrôle de gestion, devraient fortement bénéficier de ces outils”, détaille le texte.

C’est l’activité, par exemple, de l’entreprise YayPay.

L’autre avantage naturel de la finance pour l’IA est la possibilité de créer de la valeur presque immédiatement comme dans la lutte contre la fraude, explique le Journal du Net. L’IA brasse en quelques instants d’importants amas de données, et donne un score à chaque transaction. Celles jugées malsaines sont annulées et le manque à gagner disparaît aussitôt du P&L. L’article cite Martin Sweeney, PDG de Ravelin, le spécialiste londonien de la lutte contre la fraude :

Entre 2014 et 2015, nous sommes passés de 14 à 30 milliards de dollars de transactions frauduleuses sur le net à l’échelle internationale, notamment parce que les sites d’e-commerce veulent rendre le paiement aussi rapide et facile que possible pour leurs clients afin de maximiser leur taux de conversion. Ils sont donc moins stricts sur la vérification de leur identité. »

Plus loin, le journaliste s’intéresse aux faux positifs, ces transactions bloquées abusivement :

En 2014, 120 milliards de dollars de paiements réalisés sur le net ont été refusés dans le monde alors qu’ils étaient réguliers. C’est un manque à gagner encore plus important que la fraude en elle-même », s’exclame encore Mark Goldspink, PDG de The AI Corporation.

La start-up AppZen s’est positionnée sur ce segment.

PwC a entraîné une IA (GL.ai) pour identifier les erreurs potentielles ou les fraudes. Cette technologie lui a d’ailleurs permis de gagner le prix “Audit Innovation of the Year” décerné par l’International Accounting Bulletin en 2017”, remarque le papier de Actu IA.

Mais au-delà du chiffre, des standards, et des gains immédiats, aucun recoin de la comptabilité et de la finance ne devrait échapper à des IA de plus en plus performantes. Le journal du Net décortique la technologie d’IBM, Watson. Le but de cette intelligence, à la fois simple et compliqué : répondre à n’importe quelle question posée par un humain en langage naturel, à l’oral ou à l’écrit, dans la santé comme dans la comptabilité.

En France, le Crédit Mutuel a déployé Watson auprès de 20 000 de ses conseillers clientèle dans 5000 agences. L’article poursuit :

Watson analyse le contenu de leur boîte email pour prioriser leurs messages. L’application cognitive peut également répondre aux questions des salariés sur les très nombreux produits d’épargne ou d’assurance qu’ils doivent vendre.”

En plus des fiches du Crédit Mutuel, le journaliste ajoute que

l’IA Watson est capable de lire des articles de presse ou de recherche, des tweets, des romans ou encore des posts de blogs.

Ce qui en fait, en plus, un bon compagnon de discussion pour le comptable.

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